Dexter Maurer et son univers retro-futuriste


Il y a bien longtemps, dans une galaxie lointaine, très lointaine….et plus précisément Delémont, un jeune passionné de dessin était loin d’imaginer que, deux décennies plus tard, son art serait reconnu à travers le monde. Aujourd’hui âgé de 27 ans, l’helvète multiplie les expositions et les projets avec de grandes marques internationales ainsi qu’une myriade d’artistes musicaux. Son cachet, qui fusionne science-fiction et fantastique, n’en finit plus d’impressionner. Rencontre du troisième type avec Dexter Maurer.

« Ce que je désirais avant tout, c’était de pouvoir dessiner toute la journée et qui sait, avec un peu de chance, en vivre plus tard. » C’est en quelques mots, un bon résumé de la fougue créative qui anime Dexter depuis son enfance. Biberonné à l’Heroic Fantasy par un père professeur de dessin et accessoirement fan d’univers fantastiques, l’avenir du Jurassien était pour ainsi dire tout tracé.

« Il me montrait souvent des bandes dessinées et revues du genre « Métal Hurlant » ou tout simplement des artistes qu’il affectionnait particulièrement. En sortant de l’école obligatoire j’ai suivi une formation d’illustrateur à L’EPAC (école professionnelle des arts contemporains) en Valais, à Saxon. »

Tout au long de ce cursus, la patte Maurer commence à prendre forme : fresques oniriques, scènes aux codes spatio-temporels chamboulés, bestiaire fantasque et mythes revisités se bousculent au portillon du cortex de ce dernier. Difficile cependant de qualifier de manière précise son style, comme il le souligne :

C’est assez complexe de répondre, mais j’aime bien m’approprier les codes résolument kitsch du fantastique et de la science-fiction puis les retranscrire dans un contexte plus moderne je dirais. Je pense que je suis très sensible à la narration dans l’art, j’aime imaginer des histoires à l’intérieur des différentes œuvres artistiques que je regarde.

Au vu de certains de ses travaux, on devine l’influence manifeste de pontes tels que Gustave Doré, les frères Hildebrandt, Mœbius, Frank Fazetta, Ralph McQuarrie, Eyvind Earle et plus récemment Ugo Gattoni. Ajoutons à cela un amour inconditionnel pour les animations des studios Disney et Ghibli ainsi que pléthore de films, musiques, photographies…une profusion de références qui ont façonné l’imaginaire décidemment faste du natif de Porrentruy.

Lorsqu’il décide de donner vie à ses pensées, Dexter applique plus ou moins le même mode opératoire :

« En général je gribouille sur papier et ensuite avec la couleur sur l’Ipad mais en restant très brouillon. J’ai rarement une idée très précise du résultat final de mes illustrations, je me laisse souvent porter par l’inspiration du moment, mais je dois avouer que la couleur influence beaucoup mes choix graphiques. Par exemple, je trouve que le jaune manque dans une illustration, j’essaye de surprendre avec des associations qui, à première vue, ne semblent pas pouvoir coexister. »

Neuf Chevaliers, deux Androïdes et un Loup-Garou

Parmi ces associations fantaisistes, un projet bien précis va donner un coup de projecteur à sa jeune carrière : Brand Knight. Le concept ? Neuf figurines de chevaliers arborant le design des plus grandes marques internationales. Un travail hautement qualitatif qui séduit jusqu’Outre-Atlantique. Captivé par le coup de crayon de Dexter, le géant américain Nike lui propose d’être l’un des artistes à concevoir une illustration exclusive pour la série « Art of a Champion », déclinée en 16 paires à l’effigie de légendes de la NBA.

La Air Force 1 High de l’allier des Pistons Rasheed Wallace s’est donc vue magnifiée par le suisse : « Ce mandat pour Nike à clairement contribué à atténuer mon manque de confiance en moi ainsi que certaines insécurités liées à la légitimité de mon univers dans ce milieu. Du coup, quand on est plus confiant, on a envie de se dépasser davantage ! »

Les illustrations de Dexter ont également conquis bon nombre d’artistes musicaux. Côté helvètes, on a ainsi pu apercevoir des androïdes entrelacés pour l’EP « Ultra Tape » de Muddy Monk ou bien un loup-garou un tantinet esthète pour le visuel du single « Myrtille,Pt.1 » de Des articles. En plein cœur de l’hexagone, une déesse égyptienne cosmique a illustré le morceau « Solitaire » du montpelliérain Ateyaba, et plus récemment, le merchandising du second projet de Laylow s’est vu porter la griffe Maurer :

La plupart des artistes m’ont directement écrit sur Instagram ou par mail pour collaborer avec eux, je tiens vraiment à dire que j’ai été surpris par la gentillesse et bienveillance de ces artistes ! Ils sont tous de véritables passionnés qui travaillent dur pour élever leur art et les côtoyer fut une grande source d’inspiration.

Concernant Le weekend, c’est le directeur artistique de la version animée de son clip « Sauve tes larmes » qui a contacté le Jurassien pour faire partie intégrante du projet. Un véritable tremplin pour celui qui avait déjà pu expérimenter l’animation avec « The Wolf and The Gate » qui narre les aventures d’un loup affublé d’un jet-pack.

Et la suite alors ? En matière de futur, pas besoin d’être Nostradamus pour prédire un bel avenir à Dexter, lui qui n’a de cesse de magnifier la spatio-temporalité à travers ses œuvres. Entre plusieurs projets et collaborations à venir, ce dernier s’octroie quelques secondes à rêver : « Je dois avouer que j’aimerais beaucoup bosser sur le merchandising, le concept art d’une série comme Stranger Things ou alors des films comme Alien et Star Wars, je pense que je m’amuserais énormément ! »





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